Franchement, aurait-il pu se pointer à la Maison Blanche avec une chemise col mao ? Il faut bien admettre que ce type de col est au moins aussi désuet que le communisme. Les bustes du dictateur éponyme trônent désormais sur les cheminées des beaux appartements haussmanniens, qu'on s’évertue à faire ressembler à des lofts...il ne remplace pas avantageusement celui de Marie Antoinette, hérité de la grand-mère qui, soit dit en passant, était propriétaire de l'immeuble.
Pour autant la grand-mère était-elle habillée en Marie-Antoinette ? Compte tenu de l'âge du protagoniste, sa grand mère aurait pu être une furieuse adepte du New Look, belle de jour et belle de nuit dans des drapés inspirés du XVIII ième siècle...inspirés seulement.
Et puis quand même, quelque dispendieuse qu'elle fut, notre décollée (et décolletée) souveraine n'envoya pas des millions de personne à la mort. La Mao mania traine décidément une réputation par trop sulfureuse.
Puisque donc nos amis chinois semblent revenus à leurs fondamentaux, puisque Ian ne s'habillerait pas non plus en reine de la nuit et puisque qu'il souhaitait avoir le bon goût, malgré tout, d'éviter la panoplie de l'homme d'affaires capitaliste, il fallait trancher.
Une chemise élégante sans cravate, était-ce trop demander ? Une chemise ouverte donc, qui soit aussi une chemise slim fit, car notre homme au physique athlétique n'en est pas moins soucieux de ménager l'apparence de sa silhouette.
Il choisit une vêture résolument ancrée dans son époque, celle de la globalisation. Son nom de chemise kimono paie un tribu au Japon, son col Mandarin paie le sien à la Chine. Quant à sa conception française, elle l'inscrit dans une nouvelle vague de chemises mode dont est friande la génération qui fait carrière à l'ère des nouvelles technologies, une génération qui a remisé le boulier au musée des arts ménagers et la cravate au musée du costume.
La chemise blanche s'imposait sans doute pour être, comme Brummel, en symbiose avec le décor de ce haut lieu du patrimoine mondial : la gastronomie française.
Ah oui ! ce que j’oubliais de vous dire parce que vous n'avez pas suivi toute la scène, c'est que sa dulcinée reposait tendrement face à lui sur fond de Tour Eiffel scintillante...sur la terrasse panoramique du restaurant du théâtre des Champs Elysées !
Ce que l'histoire ne dit pas, c'est ce qu'est devenu le buste de Marie Antoinette...mais ce n'est qu'une histoire n'est-ce pas ?










