
Jacques Brel disait : "La Mamounia reste toujours le rêve civilisé que l’on souhaite croiser plus souvent."
A l'occasion de sa rénovation, le mythique palace fait rentrer François Legendre dans sa légende en habillant les serveurs du bar de la piscine de deux chemises blanches, l'une issue de la ligne chemise Luxe et l'autre de la ligne chemise Mode. Les deux chemises homme ainsi retenues eussent-elles répondues à l’appellation de chemise col mao qu'elles n'y auraient sans doute pas trouvé droit de cité. Il fallait toute l'imagination du créateur pour en proposer une formule plus conforme au "rêve civilisé" évoqué par le chansonnier. Une chemise kimono et son col mandarin, c'était déjà plus politiquement correct. L'astuce résidait également dans le fait d'utiliser une chemise double col pour les chefs de rang, ainsi distingués immédiatement comme les mandarins de votre plaisir. Les coupes ont été légèrement adaptées pour conserver l'esprit d'origine des chemises cintrées de la marque tout en les rendant plus fonctionnelles. Et puisque le "chemisier pour homme" rentre dans l'Histoire, rendons hommage aux évènements et aux protagonistes qui l'ont précédé.

Le nom de La Mamounia remonte au XVIIIe siècle.
L’histoire commence avec le sultan alaouite Sidi Mohamed Ben Abdellah,
qui avait pour habitude d’offrir un domaine en cadeau de mariage à
chacun de ses fils. C’est ainsi que ses quatre fils, Abdessalam, Mamoun,
Moussa, et Hassan sont devenus les éponymes des jardins qu’ils ont
reçus du roi. Ces jardins « Arsats » sont connus encore aujourd’hui,
mais seul arsat Al Mamoun ayant appartenu au prince Mamoun deviendra
célèbre et inspirera le nom de La Mamounia. On raconte que ce dernier
l’utilisait comme lieu de plaisance pour la « nzaha » coutume courante
dans plusieurs cités marocaines (genre de garden party) La magnificence
de ce jardin légué par toutes ces réjouissances royales augmente un peu
plus le plaisir des hôtes à le visiter aujourd’hui aussi bien par sa
taille de 8 hectares que pour sa flore si particulière.
Deux siècles plus tard, sur une superficie de quinze hectares, on
crée l’hôtel, qui bien vite atteint une renommée internationale. Conçu
en 1923, par les architectes Prost et Marchisio, l’hôtel La Mamounia a
bénéficié dès sa conception de nombreuses considérations alliant le
respect d’un lieu chargé d’histoire et les impératifs des commanditaires
en la personne financière e t morale qu’est la Compagnie des Chemins de
Fer du Maroc. Depuis sa création, La Mamounia s’est révélée être un
véritable monument alliant la tradition architecturale marocaine avec le
dernier design du style Art Déco. Tout au long de son histoire, La
Mamounia ne fut jamais assez grande pour satisfaire tous les clients
désireux d’y loger. Jusqu’à la fin des années 1930, l’hôtel abritait
moins de cinquante chambres, il a été agrandi en 1946 pour atteindre une
centaine d’unités, puis réaménagé successivement en 1950, 1953, 1986 et
enfin en 2006 pour une réouverture au septembre 2009 avec 209 clés.
On vient à La Mamounia toute l’année de tous les coins du monde, pour
bénéficier de ce cadre exceptionnel. Avant la seconde guerre mondiale,
les européens et les américains y apportaient leurs meubles pour leurs
longs séjours, et chacun réaménageait ses appartements selon son goût et
ses habitudes. On parle encore avec nostalgie de cette époque où les
hommes revêtaient leurs smokings et où les dames, couvertes de divines
parures, enfilaient de longues robes du soir. De nombreuses célébrités
ont séjourné à l’hôtel. Winston Churchill y établissait ses quartiers
d’hiver. Il avait pour habitude d’aller de balcon en balcon pour guetter
le soleil comme pour mieux capter les couleurs et les reproduire sur
ses toiles. Plusieurs de ses peintures, représentant le parc ou certains
coins de l’hôtel, peuvent être admirés au Musée Churchill en
Angleterre.
Au fil des années, la réputation de Marrakech et de La Mamounia attira
l’attention des cinéastes français et américains. Jean Tissier tourna
« Alerte au sud » avec Eric Von Stroheim en 1953. On tourna aussi
« l’homme qui en savait trop » d’Alfred Hitchcock.
La liste des clients de prestige est assez longue, nous vous l'épargnerons donc !