Chemise noire mode.

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samedi 20 octobre 2012

Chemise noire mode : Mandalay.

 

Voici un nom bien énigmatique pour une chemise fashion. Les routards qui auront sillonné l’Asie du Sud Est seront peut être plus à même de l’identifier. Sinon, sachez que la plupart des chemises hommes de la ligne Chemise Mode porte le nom d’un site géographique. A parti de là, soit vous continuez à lire cet article soit vous vous précipitez sur Google maps et vous tapez « Mandalay »…ce qui devrait vous plonger instantanément au cœur d’un pays bien mystérieux et pourtant immense : la Birmanie.

En effet, la capitale historique de cet état est connue comme étant Rangoon, quoi qu’elle fut récemment détrônée au profit d’une ville nouvelle, sorte de Brasilia asiatique…sans le génie de Niemeyer. Mais autrefois, les souverains birmans qui dominèrent un  temps la région, avaient établi leur capitale plus au Nord, plus proche du lieu mythique de Pagan, où se trouvent tous les temples qui en font une des merveilles du monde.

Je fus moi-même de ces routards partis en quête de sens dans ces paysages inouïs, au contact de ces habitants pétris d’humanité, errant dans un monde hors du temps, qui aurait bien pu être le nôtre si nous n’avions pas inventé la modernité.

Mais puisque nous l’avons inventée, alors assumons là. L’évolution des codes vestimentaires fut et reste d’ailleurs emblématique, pour ne pas dire endémique, de la modernité. Et les chemises hommes que je crée entendent suivre le mouvement. La présente chemise noire rend donc un hommage symbolique au passé, mais s’inscrit résolument dans notre temps.

Tout d’abord vous remarquerez sa coupe capucin, une formule inédite dans la chemise fashion. Cette coupe présente l’avantage de ne pas avoir de couture aux emmanchures. Elle offre ainsi un maximum d’aisance dans les mouvements tout en étant une authentique chemise coton 100%. L’empiècement de la partie capucin crée en outre un effet décoratif très reconnaissable, permettant entre autre de jouer sur les deux parties haute et basse. Ainsi le boutonnage semi caché de la partie haute avec ses boutons blancs en opposition se démarque de celui totalement invisible de la partie basse. Ce détail est repris au niveau du poignet Carmen.

Quant au col Babylone avec sa pointe caractéristique dans le dos, il est agrémenté d’un pli sur le devant, qui rappelle le jeu de cache cache imaginé pour le boutonnage. Pour les amateurs de chemise blanche, ce modèle existe aussi dans ce coloris. Il va sans dire qu’il s’agit également d’une chemise cintrée, puisque ce type de coupe est récurrent dans toutes les chemises hommes de la collection.

Finalement on soulignera le petit pied de nez fait à l’Histoire puisque la chemise porte le nom d’un grand centre bouddhiste mais que sa coupe s’inspire de la tenue des moines capucins. 

 


mercredi 29 février 2012

Chemise fashion noire : Bangkok.

chemise-noire-mode-bangkok.jpg

 

“ กรุงเทพมหานครอมรรัตนโกสินทร์มหินทรายุธยามหาดิลกภพนพรัตน์ราชธานีบุรีรมย์อุดมราชนิเวศน์มหาสถานอมรพิมานอวตารสถิตสักกะทัตติยะวิษณุกรรมประสิทธิ์. “

Autrement dit :

Métropole des anges, grande ville, demeure du Bouddha d'émeraude, cité invincible du dieu Indra, vaste capitale de l’univers ornée des précieuses neuf pierres, ville radieuse, généreuse dans l’immense Palais Royal telle une résidence céleste, royaume du dieu réincarné, site voué à Indra et édifié par Vishnukar. »

Ce que vous ne savez peut être pas c’est que le sanscrit est aux langues du sud est asiatique, Inde comprise, ce que le latin est aux langues européennes. Ainsi 80% du thaïlandais vient du sanscrit. Or une des particularités des noms propres issus de ces langues est d’être particulièrement à rallonge. De même, les religions possèdent un socle commun, hindouiste et bouddhiste, avec quelques résurgences d’animismes locaux, comme les Naths en Birmanie par exemple.

Un nom à rallonge sied bien à cette ville tentaculaire qu’est Bangkok, mais l’étymologie de son appellation est en réalité plus prosaïque, et nous plonge au cœur de l’histoire et de la géographie des lieux. En effet Bangkok vient du khmer « beung kok » ou terre inondable aux roseaux. L’origine khmère nous rappelle que bien avant l’essor du peuple thaï, les khmers avaient étendus une partie de leur empire jusque dans ces régions à l’apogée de leur puissance vers la fin du premier millénaire de notre ère. Quant à la lecture littérale, rappelons que Bangkok est située à quelques kilomètres seulement de la mer, juste avant l’embouchure du vaste fleuve qui la traverse, le Chao Phraya.

Je peux d’ailleurs mentionner à cet égard que l’usine qui fabrique avec tant de soin les chemises de mes collections est quant à elle si proche de la mer que par vent de sud on sent nettement l’odeur des embruns qui refluent vers la zone industrielle. Lorsque j’y séjourne, nous allons fréquemment nous régaler d’un plateau de fruits de mer au bord de la lagune.

Bangkok est aussi à l’image de cette zone industrielle, mélange inextricable de modernité débridée et de romantisme bon enfant. Dans la pollution et le bruit incessants, les petits autels domestiques fleurissent partout, jusqu’à l’entrée des galeries marchandes et des hôtels toutes catégories, couverts de guirlandes de fleurs de jasmin odoriférantes et savamment tressées, comme pour préserver un semblant d’âme à cette agglomération d’humains à la recherche du temps perdu.

Une autre constante de Bangkok, et de la Thaïlande en général, c’est l’empire de la couleur. Des taxis roses fushia ou verts pomme sillonnent les artères étagées sur plusieurs niveaux superposés d’autoroutes qui lacèrent la ville comme une résille de bitume enchâssant les tours d’habitation et de bureaux, cristaux de verre qui s’élancent à la conquête d’un ciel bleu opalescent. Les enseignes, les publicités et les vêtements des habitants s’ornent des mêmes tonalités multicolores, comme pour conjurer le mauvais sors d’une urbanisation fulgurante et étouffante.

Le jour, la nuit, la chaleur, les trépidations, rien ne cesse, tout palpite et crépite dans un fracas d’éclats électriques et sonores, éclectiques et chromophores. Il ne reste plus grand-chose de la petite cité lacustre originelle dont quelques vestiges sont encore visitables, les Klongs, marché flottant paisible et rescapé, amarré au grand fleuve, qui baigne et parfois menace la métropole industrieuse et inassouvie.

Le choix d’une chemise noire pourrait donc sembler incongru pour célébrer un endroit aussi pittoresque, le noir étant une teinte fort peu présente dans les arts ou les arts appliqués thaïlandais. Mais c’est justement en échos à ces juxtapositions que j’ai choisi le noir, contraste contrastant avec les contrastes. Les thaïlandais aiment furieusement la mode et les tendances, cette chemise fashion trouve donc son identité dans les jeux de coupes : épaule déportée sur le devant, empiècement et col babylone en pointes dans le dos, petites pinces sur les côtés. Elle appartient d’ailleurs à la ligne Chemises Mode, qui s’illustre précisément par des chemises hommes à l’extravagance mesurée. On appréciera aussi le détail du poignet carmen avec sa patte de boutonnage invisible. Comme dans cette ville multi facettes, la chemise réserve des surprises sous tous les angles.

 


Chemise Mode noire BANGKOK.

Chemise Mode noire BANGKOK.

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